Souvenir de la PACES en 2011, schéma anatomique fait par moi-même

Premier jour après la naissance, elle met son bébé au sein régulièrement mais c'est son premier enfant et ça lui paraît difficile d'y arriver seule. L'équipe vient souvent la voir pour l'aider à bien placer son enfant et à vérifier qu'il a une bonne succion.

Et puis, elle fait part de ses doutes, elle aimerait mettre un bout de sein de contact en place pour l'aider. L'équipe lui recommande d'attendre un peu, cela fait tout juste 24h qu'elle a accouché.

Son conjoint lui achète quand même un bout de sein.

L'allaitement est quand même compliqué à mettre en place lorsque le couple se retrouve seuls avec leur nouveau-né. On réessaie tous ensemble, la maman commence à perdre patience, son bébé aussi.

Et la nuit arrive, elle appelle : elle voudrait un biberon. Son bébé n'arrête pas de pleurer, elle se sent fatiguée, ses seins lui font mal et elle trouve qu'il n'y a rien qui sort. Elle trouve bébé de plus en plus agacé et affamé, elle veut un biberon pour le caler et un peu dormir.

On lui propose de l'aider à le remettre au sein mais elle demande un complément de lait artificiel. On lui donne 10 ml de lait par une petite seringue. Les parents voient leur enfant engloutir la seringue et sont plutôt contents.

Ils redemandent un biberon en plus pour la fin de la nuit, on leur dit de nous appeler quand il aura à nouveau faim.

Ce qu'ils font, en redemandant directement une seringue de lait.

Le matin, les équipes changent, on se transmet mutuellement que l'allaitement est à accompagner pour cette patiente.

Au moment du tour dans la matinée, à la question « Et comment ça se passe au niveau de l'allaitement ? », la patiente dit qu'elle et son conjoint ont décidé de passer au biberon. On s'assure qu'ils soient sûrs de leur décision et on leur ramène 4 biberons pour la journée.

 

Plus tard, ils diront qu'ils ont été soulagés qu'on est arrêté d'insister sur l'allaitement. Que la pression familiale pour allaiter était déjà énorme. Et que la pression personnelle sur « comment être de bons parents » l'est encore plus.

 

 

Ceci n'est pas une propagande pour le lait artificiel, simplement un constat : parfois, l'allaitement ne convient pas. Et ce n'est pas grave.